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Le stripping – 9 choses à savoir

Quand j’étais doula à Montréal, j’avais un blog que je remplissais d’informations utiles sur la grossesse et l’accouchement. Mes statistiques le montrent, l’article le plus populaire encore aujourd’hui est sans conteste celui sur le stripping. Je peux facilement comprendre pourquoi en imaginant ce scénario très typique : j’arrive en fin de grossesse, on me parle de me faire un stripping à mon prochain rendez-vous de suivi, je ne sais pas trop si je dois l’accepter ou non, on m’a déjà dit que c’était douloureux, je vais faire une recherche pour en savoir plus.

Certains diront que le stripping, ou décollement des membranes en bon français, est une méthode naturelle car il ne s’apparente pas au déclenchement de l’accouchement par ocytocine synthétique. D’autres rétorqueront que c’est une manœuvre qui vient perturber le rythme naturel de bébé et de la naissance. Bref, le stripping est un pensez-y-bien et je vous dis pourquoi, en 9 points. Vous pourrez également trouver des témoignages à ce sujet dans la publication FB qui se trouve à la fin de l’article. 

9 choses à savoir sur le stripping

#1 Le stripping, c’est quoi au juste?

C’est un coup de pouce, ou devrais-je dire un coup d’index, que l’on donne à la nature en fin de grossesse. Concrètement, le gynécologue ou la sage-femme décolle les parois du sac amniotique (c’est-à-dire les murs de la maison de bébé) avec son doigt tout autour du col de l’utérus. Ce faisant, il provoque une libération de prostaglandines, l’hormone qui contribue à la maturation du col et à l’apparition des contractions.

#2 Le col de votre utérus doit être prêt.

Si votre col n’est pas au moins un peu dilaté (1 cm), les membranes ne seront pas accessibles. Traduction : stripping impossible! Le col commence généralement à se dilater quelques semaines avant la date prévue d’accouchement, mais il arrive également qu’il reste en mode motus et bouche cousue jusqu’aux premières contractions.

Lucie Bataille Photographe grossesse Paris

#3 Une manœuvre inconfortable, voire douloureuse.

Tout est dit. À la base, il n’est pas toujours très agréable de recevoir de la visite au creux de ses entrailles, vous en conviendrez. Le stripping se révèle bien souvent inconfortable, parfois même (très) douloureux. Après coup, vous pourriez ressentir des tiraillements ou des crampes, ce qui ne signifie pas nécessairement que le travail commence. Le stripping peut également occasionner de légères pertes sanguines.

#4 Attendre le bon moment.

Il y a des situations plus opportunes que d’autres lorsque l’on considère un décollement des membranes. Tenez-vous le pour dit, un stripping est plus réaliste à 40 semaines de grossesse qu’à 37 ou 38. Si un déclenchement règne comme une épée de Damoclès au-dessus de vous parce que vous dépassez trop dangereusement votre DPA au yeux de votre obstétricien, un stripping pourrait être approprié afin de tenter de démarrer naturellement le travail. Si on vous le propose avant 40 semaines, pensez-y à deux fois avant d’accepter et gardez en tête les points suivants.

Lucie Bataille Photographie bébé Paris

#5 Attention au faux espoir.

Pour avoir lu ou entendu plusieurs témoignages de déception, c’est un point qu’il m’importe de souligner. Ne pensez pas que les contractions se déclencheront à coup sûr dès que vous sortirez de votre rendez-vous. La machine humaine est parfois plus complexe. Il pourrait s’écouler quelques heures ou quelques jours avant de voir un résultat. Soyez consciente qu’un décollement des membranes pourrait également n’avoir aucun impact. Niet, nada, nichts, pantoute.

Ne soyez donc pas déçue, surprise ou fâchée de vous réveiller le lendemain en réalisant que bébé se la coule toujours douce dans sa piscine privée. Le stripping de votre prochain rendez-vous sera peut-être plus efficace… ou pas. Ce qui nous mène au point suivant.

#6 Des strippings à répétition.

Le premier stripping n’a pas fonctionné, le deuxième non plus. Vous y avez bien cru au troisième, mais toujours pas de bébé dans vos bras. Bonjour les faux espoirs à répétition! Il y a un proverbe qui dit : « À trop vouloir tirer sur la tige, on finit par la casser ». Je n’insinue pas que vous allez casser votre bébé avec un ou plusieurs strippings, mais qu’il vaut parfois mieux lâcher prise sur des détails que l’on ne peut contrôler et attendre que bébé soit prêt à naître. Après tout, c’est lui qui a le dernier mot!

#7 Gare au stripping à votre insu.

Il arrive que certains médecins décollent les membranes de leurs patientes lors d’un examen vaginal sans leur en parler. En s’appropriant leur consentement, ces cachotiers présument à leur place ce qui est le mieux pour elles. De quoi être un peu surprise et fâchée si cela va à l’encontre de leurs désirs.

Vous l’aurez compris, cette pratique représente un manque de respect envers vous et devrait être bannie car elle relève de la violence obstétricale. C’est votre décision et votre médecin devrait vous demander votre accord avant de procéder. N’hésitez pas à refuser cette intervention intrusive (et toutes les autres) si vous n’y consentez pas. C’est dans vos droits, tout simplement.

#8 Attention à la rupture!

Faisons un peu de vulgarisation. La poche des eaux, dans laquelle bébé baigne, et qu’on appelle aussi sac amniotique, a une paroi double (d’où l’utilisation du terme « membrane » au pluriel). La paroi côté bébé s’appelle l’amnios et la paroi côté utérus, le chorion. Quand on perd les eaux, il se peut quelques fois que seule l’une de ces parois se fissure. On parle alors de feuillet et le flux de liquide amniotique qui s’écoule est moins important.

Un décollement des membranes peut avoir l’effet d’affaiblir ces dernières et provoquer une rupture spontanée prématurée. Il se peut également que la poche des eaux soit accidentellement fissurée ou rompue lors de la manœuvre. Dans les deux cas, votre bébé ne sera plus protégé dans sa poche et un risque d’infection apparaîtra. On espèrera alors que l’accouchement s’annonce assez rapidement afin d’éviter un déclenchement artificiel et le lot d’interventions qui pourrait s’ensuivre.

#9 Une longue phase de latence.

La phase de latence est la première phase de l’accouchement, celle qui permet de s’adapter graduellement à l’inconfort et à l’intensité des contractions. Un stripping peut entrainer une longue phase de latence ponctuée de contractions irrégulières et d’épisodes sans contractions. Elle peut s’étendre sur plusieurs journées, vous laissant alors peu de répit pour vous reposer et prendre des forces. Soyez donc consciente qu’un stripping peut être synonyme d’un début de travail instable, frustrant et épuisant.

Vous conclurez donc que le stripping n’est pas toujours une panacée. Il fonctionne comme un charme pour certaines mais peut, comme une banane encore verte, laisser un goût amer à d’autres.

Oui, je sais. Je sais que la fin de grossesse est pénible, qu’on n’en peut plus du mode baleine sur le canapé et qu’il n’est pas toujours facile de prendre son mal en patience. Courage… Encore quelques jours et vos efforts seront bientôt récompensés!

En attendant, pourquoi ne pas vous envelopper de douceur, profiter du calme avant la tempête et réserver votre séance photo pour immortaliser vos premiers moments familiaux? :-)

 

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